Réunion

vendredi 30 novembre 2012

Valparaiso, sur les traces de Cayetano Brulé...

C'est en hommage au détective moustachu de Roberto Ampuero que nos pas nous ont conduit à Valparaiso... Comme souvent dans ses romans, il ne faisait pas beau. Un ciel plombé recouvrait la ville et s'il ne nous a pas permis d'admirer pleinement les couleurs des maisons surplombant la baie, il a pu nous faire mesurer la mélancolie qui étreint souvent cet exilé cubain... Car la couche de couleur vive qui recouvre les pauvres maisons des cierros est souvent écaillée. Les maisons elle-mêmes entremêlées les unes aux autres, entassées le long des ravines, appuyées sur d'autres aussi fragiles menacent de s'écrouler à tout moment... Il en ressort une impression de pauvreté et de tristesse, renforcée par les multiples tags qui défigurent de nombreux édifices. Beaucoup d'artistes ont peint les murs de la ville, il y a même au cierro Bellavista un musée à ciel ouvert où sont exposés plusieurs de leurs oeuvres. Mais du coup, plein d'amateurs s'en sont donnés à cœur joie, taguant de nombreux murs et la plupart ne mérite pas le qualificatif d'artiste... Dans ce même quartier, se trouve une des trois maisons chiliennes de Pablo Neruda. Elle domine la baie et abrite un musée d'objets hétéroclites amassés par le prix Nobel de Littérature. On flâne un peu sur le port, sans avoir accès à la mer, en espérant que le voile gris se déchire, mais non, il nous faut reprendre le chemin de Santiago, sans avoir vu Valaparaiso éclairé d'un rayon de soleil... Dommage !
Pour en savoir plus sur Cayetano Brulé...



mercredi 28 novembre 2012

San Pedro de Atacama

Nous avons quitté la Bolivie à près de 4000 m d'altitude et après quelques kilomètres d'une descente prononcée, presque en ligne droite nous arrivons à San Pedro d'Atacama à (seulement) 2500 m. C'est une oasis nichée en plein désert, un des désert les plus arides du monde mais aussi un des plus beaux, où alternent des formations géologiques étranges (vallée de la lune, vallée de la mort...) des lagunes et le tout écrasé par la masse imposante des volcans qui l'entourent. Très touristique, presque toutes les maisons en adobe du village sont dédiées à une activité : tour opérateur, restaurant, souvenirs... Mais l'ambiance reste chaleureuse. C'était le trentième anniversaire de la commune lorsque nous sommes passés et il y avait plein d'animations, et de défilés : écoles, services municipaux, quartiers, pompiers...
Plein d'activités sont proposées aux touristes et nous avons choisi les lagunes de Cejar, pendant que Daniel et Joëlle optaient pour la vallée de la lune... Nous avons flotté dans une eau salée (concentration de 110 g de sel par litre) où il était tout simplement impossible de couler, avons plongé dans les Ojos del salar (bassins circulaires) puis avons admiré le coucher de soleil sur la dernière lagune en partageant un Pisco Sour avec des Chiliens, des Anglais et trois jeunes françaises du sud-ouest. Très bon souvenir, même si Thierry commence à en avoir un peu assez de la poussière...



mardi 27 novembre 2012

Les gens d'ici...

On a quitté la Bolivie et si on a beaucoup aimé ce pays c'est bien entendu pour la beauté de ses paysages, mais également pour la gentillesse des Boliviens. On vous a parlé de Armando et Claudia, nos accompagnateurs et responsables de la visite chez notre filleule, de Oscar, notre guide dans les mines, de Christophe, le consul qui nous accompagna toute une journée dans le cratère de Maragua.... Mais d'autres encore nous ont touché soit par leur gentillesse ou leur humour. La vie est difficile dans ce pays : c'est le système débrouille et ça fonctionne malgré tout. Il y a, à Sucre ce vieux monsieur de 82 ans qui tient avec sa femme, du même age, une toute petite épicerie où nous sommes allés nous servir parfois, et qui, nous voyant mettre nos lunettes pour le payer, nous demande notre age. Puis il nous explique que lui, à 82 ans, il n'a pas besoin de lunettes, il lit, écrit, compte ses pièces... Et savez vous pourquoi ? nous demande-t-il , parce qu'il a bu le lait maternel, tout petit, et c'est pour cela qu'il est encore aujourd'hui jeune et en forme ! Ce chauffeur de taxi à Santa Cruz qui nous explique que l'on ne peut pas reprocher aux conducteurs de conduire trop vite, puisque il n'y a aucun panneau de signalisation dans ce pays. Avec beaucoup d'humour, il raconte que la police bolivienne est corrompu à 99 % et si on a de la chance, on tombe sur le 1% qui reste. Dans l'autre cas, si vous avez dérogé à la loi 55, et bien vous leur devez 55 bolivianos !...Et si c'est la loi 319... Et ces deux gamins qui ont apostrophé Thierry sur la plaza 25 de Mayo à Sucre, pour cirer ses chaussures qui étaient, il est vrai, très « succia » ! Impossible de leur échapper, ils avaient là l'occasion de montrer leur savoir faire tant les chaussures étaient poussiéreuses. Chacun une chaussure :elles sont devenues méconnaissables, presque neuves. Ils travaillent la demie journée et vont à l'école l'autre demie journée.... à vérifier ! Il donne une partie de l'argent gagné à leur maman, ce sont essentiellement des touristes qui les font travailler... Ils sont repartis, ravis en partageant leurs bolivianos bien gagnés !.... Et Gilbert, notre chauffeur guide sur le salar de Uyuni, d'une gentillesse exquise, qui prenait le temps de tout nous expliquer, qui prévenait nos désirs et s'arrêtait dès qu'il lui semblait que l'on voulait prendre une photo... On pourrait citer également la sympathique dame chargée du recensement, ou le gérant de l'hôtel de Uyuni ne sachant plus quoi faire pour nous être agréable malgré le « blocus »... On pense que tous se sont appropriés la devise de Oscar qui nous a fait découvrir la mine : « On ne peut pas, cela n'existe pas ! »

Gilbert et Martine

Bien étonnés d'apprendre que je n'avais pas ciré mes chaussures depuis 2010 !

Oscar et Thierry...

lundi 26 novembre 2012

Le Salar de Uyuni et le sud Lipez

Nous sommes partis pour un circuit de trois jours à travers le salar de Uyuni avec une arrivée prévue à San Pedro de Atacama, au Chili. Nous nous sommes greffés sur le circuit privé de Joëlle et Daniel, un couple de français sympas rencontrés à Sucre. Ils avaient réservé par Ayala un circuit avec arrêts dans une chaîne d'hôtels étonnants : Taïka...
Nous avons traversé une collection incroyable de paysages différents : du désert de sel, aux chaînes volcaniques, en passant par des lagunes de toutes couleurs, ce fut un régal permanent pour les yeux. Mieux qu'un long discours, ce sont les photos qui suivent qui devraient vous donner une petite idée de tout ce qui a pu nous émerveiller...




dimanche 25 novembre 2012

Uyuni, ville fantôme

Posée en bordure du désert, Uyuni a habituellement des airs de ville fantôme. Quelques dizaines de rues se croisent perpendiculairement et semblent se dissoudre dans le néant à leurs extrémités. Deux sont particulièrement animées parce qu'y sont installées les hôtels et agences de tourisme qui proposent les circuits dans le salar. Dans les autres errent quelques chiens faméliques et quelques passants. Le vent qui souffle presque en permanence soulève des nuages de sable et de poussières et anime des sacs en plastique. Des sachets que l'on retrouve par milliers accrochés aux épines des arbustes à la périphérie de la ville lui donnant des allures de décharge. Sur toute la ville est posé un voile de poussière ! Bref pas l'endroit où on a envie de passer une semaine. Nous y sommes arrivés lundi, pressés par les menaces de blocage et le recensement de mercredi. Nous devons commencer notre circuit jeudi matin...Mardi finalement pas de blocage et on promène et visite normalement. Un peu d'internet, quelques achats et visite au cimetière des trains, un endroit surréaliste où sont entreposées les vieilles locomotives qui servaient au transport du minerai dans les années trente. Mercredi c'est le grand jour du recensement : tous les Boliviens doivent rester chez eux toute la journée et n'ont pas le droit de travailler. Du coup tout est fermé : magasins, restaurants, transports... La veille tout le monde s'est précipité au marché pour faire des provisions ce qui a provoqué une inflation des prix ! Au lever, surprise ! Il n'y a plus d'eau dans l'hôtel ! En fait l'électricité est coupée dans Uyuni (peut-être que la personne qui enclenche est bloquée chez elle!) et comme c'est une pompe qui alimente l'hôtel... Au petit déjeuner, nous sommes attablés avec des Anglaises, des Allemandes, des Indiens, des Israéliens et le gérant vient nous expliquer les problèmes d'eau. Il nous annonce aussi que l'on n 'a pas non plus le droit de sortir tant qu'on n'a pas été recensés ! Comme il ne parle pas anglais, et que nous sommes les seuls à comprendre l'espagnol, c'est Thierry qui est chargé de traduire... C'est approximatif mais apparemment tout le monde comprend... On passe un long moment penchés à la fenêtre, on peut voir les agents recenseurs, la police et quelques chiens.... Au bout d'un moment, on tente bien une sortie, mais la police veille et nous renvoie à l'hôtel... De toute façon, il n'y a que des touristes qui essaient de sortir. Maintenant c'est sûr, Uyuni est bien une ville fantôme...



A notre tour d'être recensés...


Potosi : la casa de la moneda

En parallèle avec l'extension des mines, la fabrication de monnaie s'est énormément développée à Potosi. La casa de la moneda en est le témoignage. Imposant bâtiment qui occupe un quadro complet, elle est désormais transformée en musée. Comme dans beaucoup de musées Boliviens, le prix d'entrée est plus élevé pour nous que pour les locaux... Il faut ajouter aussi 20 bolivianos pour le droit de prendre des photos. Le minerai arrivait directement du Cerro Rico dans les fonderies. Là, sur des feux de branchages et de crottes de lama, il était fondu et transformé en lingots. Puis les lingots étaient acheminés dans la salle des laminoirs. Énormes machines construites en Espagne en chêne vert, ces laminoirs étaient actionnés par quatre mulets. Le mouvement était transmis par un axe vertical à des engrenages qui faisaient tourner 4 laminoirs par machine. Chacun avait une épaisseur différente et permettait d'amener le lingot à une feuille de quelques millimètres d'épaisseur. Ensuite la monnaie était frappée, découpée à la cisaille puis son poids était contrôlé. Avec le temps ces opérations se sont modernisées et les machines ont été mues par la vapeur, puis par l'électricité... On peut voir dans le musée, toutes les machines des différentes époques, ainsi que les objets (poinçons, balances...) nécessaires à la fabrication. Une intéressante collection de pièces complète cette visite. Les premières pièces étaient frappées pour les Espagnols et elles quittaient Potosi deux fois par an (Saint Jean et Noël). Elles rejoignaient Callao (le port de Lima) en caravanes de lamas qui pouvaient compter plus de mille têtes. En bateau elles gagnaient Panama, étaient déchargées, et une fois sur la côte Atlantique, voguaient jusqu'à Séville... Il fallait 14 mois pour arriver à bon port ! Une autre route plus rapide passait par Buenos Aires, mais c'était celle de la contrebande, ce qui fait que l'on ne peut pas savoir avec exactitude quelle quantité d'argent a échappé à la Bolivie... De 1773 à 1825 étaient frappées ici les monnaies espagnoles puis au XIXème siècle les monnaies des Provinces unies du Rio de la Plata et enfin les monnaies Boliviennes de l'indépendance jusqu'en 1951. Quel déclin, quand on pense à la quantité de pièces sorties de cette maison et que l'on sait qu' actuellement les monnaies Boliviennes sont frappées au Chili et les billets imprimés au Canada !

samedi 24 novembre 2012

Dans les mines de Potosi

Les mines d'argent et d'étain sont toujours en activité, et quelques mineurs proposent même de les visiter mais nous avions deux excellentes raisons pour ne pas effectuer cette visite. La première est d'ordre éthique. Comment peut-on aller jouer les touristes dans une mine où de nombreux boliviens souffrent chaque jour ? Hommes, femmes, enfants (en alternance avec l'école qui pratique la double vacation) passent de huit à vingt-quatre heures enfermée dans des galeries où les écarts de température peuvent être énormes. Ils y respirent toutes sortes de poussières et de gaz toxiques et y effectuent un travail de bagnard. Seuls l'alcool et la coca leur permet de tenir le coup. L'espérance de vie n'excède pas 45 ans...
La seconde est plus terre à terre, nous avions tous les deux les caguettes ! Si Martine avait bien surmonté notre première expérience spéléologique dans le Ventoux, cela avait été beaucoup plus difficile pour moi ! Aussi nous étions bien décidés de vous parles des mines en vous renvoyant sur l'article de Caro et Lolo sur leur blog... Et puis, il a suffi de la rencontre avec un couple de Français ce matin au petit déjeuner pour que nous nous laissions convaincre. D'abord on était dimanche et le dimanche,il y a très peu de mineurs qui travaillent, et les guides mineurs qu'ils nous ont conseillés étaient très attentifs.
La visite commence donc par un déguisement de mineur (bottes, pantalon, veste et casque avec une lampe), puis on se rend dans l'entreprise qui traite les minéraux extraits par les mineurs, d'abord avec un concassage et dépôt, puis traitement chimique. Ensuite nous passons par une épicerie spécialisé (sorte d'Hélène spécial mine) où nous achetons les offrandes pour les mineurs que l'on devrait croiser. On en profite pour boire l'alcool des mineurs en en versant quelques gouttes sur le sol pour demander la protection de Pachamama. Il s'agit d'alcool potable !?! qui titre 96 ° ! Nous achetons de la dynamite, du jus de fruit pour tout le groupe : il n'y a que quatre mineurs au fond aujourd'hui contre deux cents habituellement ! Sur place on y ajoutera de l'eau et quelques feuilles de coca. Ensuite on grimpe sur le Cerro et nous voici arrivés devant la mine. L'entrée semble plutôt bien étayée et c'est finalement assez confiants que l'on entre. Au bout de quelques centaines de mètres, déjà ce n'est plus pareil : il faut sans cesse faire attention où on met les pieds et les coups sur la tête sont fréquents ! Enfin plus fréquents pour certains... On s’arrête au bout d'un moment pour honorer Tio, la divinité indienne qui veille sur les mineurs. Les Espagnols l'appelaient diable, mais pour les indiens il est plutôt un bienfaiteur. Il symbolise la fertilité, la chance, la protection. Oscar, notre guide lui allume une cigarette qu'il fumera pendant notre présence. On continue à s'enfoncer sous terre et les passages deviennent de plus en plus étroits. L'air frais de l'extérieur est maintenant remplacé par des bouffées d'air chaud et il est de plus en plus difficile de respirer. Un chariot poussé par deux mineurs passe à vive allure et soulève un nuage de poussière. Nous arrivons ensuite à l'endroit où deux mineurs remplissent leur wagonnet. Ils hissent au moyen d'un treuil rudimentaire des sacs d'une trentaine de kilos de minerai qui provient de la galerie d'en dessous. Lorsque le wagonnet est plein ils le poussent à vive allure vers la sortie. Ces quatre mineurs qui travaillent sont « propriétaires » de leur secteur et se partagent les bénéfices. Ils peuvent espérer gagner jusqu'à 2000 bolivianos par mois (250 euros). Un mineur indépendant gagne en moyenne 800 bolivianos, cela dépend de la quantité mais également de la qualité du minerai.
La visite se poursuit par une galerie très étroite qui plonge dans les entrailles de la mine. Mais avec Martine, un couple de Boliviens et un jeune français nous préférons attendre là le retour de nos compagnons... Le retour à l'air libre s'effectue par le même chemin dernière occasion pour éprouver la solidité du casque.
Il y a trois sortes de mines à Potosi : celles gérées par des multinationales (USA ou Canada) où les mineurs ont un salaire minimum et des avantages sociaux ; celles cogérées par des petites sociétés et l'état Bolivien, et enfin des coopératives où les mineurs ne sont payés qu'à la tâche...
En fin de compte, on a surmonté notre peur et reçu une belle leçon d'optimisme grâce à deux guides passionnés. Ils nous avaient bien expliqué qu'il y a deux mondes celui de la mine et le monde extérieur : dans la mine c'est solidarité, entrain, humour, sinon on ne tient pas...

Le Cerro Rico

La mine

L'entrée

Le tio





Ouf !!!!